Mouna Benrhanem

« L’éducation permet de changer de vie et donne le pouvoir de transformer son environnement économique et social. »

Parlez-nous de votre enfance…

Une enfance heureuse marquée par une éducation stricte.

Je suis née et j’ai passé toute mon enfance à El Jadida, ma ville de cœur et capitale de la région de Doukkala. J’ai été élevée par ma grand-mère. Une femme forte, courageuse, généreuse et authentique.

Je suis l’ainée de ma famille, j’ai deux frères magnifiques, et des parents formidables. Je suis également une tata 2.0 pour deux petites nièces extraordinaires de 10 et 7 ans.

Quelles études avez-vous poursuivies et pourquoi ce choix ?

Initialement, je m’étais destinée à poursuivre des études scientifiques, je voulais faire de la recherche. La vie en a décidé autrement J et ce n’est pas plus mal.

J’ai atterri à l’ISCAE après mon baccalauréat scientifique et j’ai décroché mon diplôme du cycle normal en 1998, option marketing et communication. En 2004, je suis revenue sur les bancs de l’ISCAE pour suivre l’exécutive MBA, une formation supérieure en management pour cadres dirigeants.

Et depuis quelques mois, je me suis lancée un nouveau défi : je poursuis un cycle de certification en coaching, une discipline que j’ai découvert en milieu professionnel, qui m’a fortement attirée et donné l’envie de m’enrichir de nouvelles connaissances et d’ajouter de nouvelles cordes à mon arc.

Donc finalement c’est vers la communication que vous vous êtes dirigée, qu’est-ce qui vous y a poussée ?

Dès la deuxième année d’études à l’ISCAE, les choses ont commencé à se préciser pour moi. J’ai découvert ma passion pour la communication et j’ai décidé d’en faire mon métier et de construire ma carrière autour de cette discipline.

Un métier qui se résume pour moi en quelques mots : faire bouger les lignes, progresser, apprendre, construire, faire preuve d’audace, de créativité, d’adaptation, d’authenticité et rester attachée à mes valeurs.

Aujourd’hui, j’ai la chance d’exercer un métier qui me passionne et quand je regarde mon parcours professionnel depuis 22 ans maintenant, je suis fière de ce que j’ai accompli.

Quand on travaille dans le métier de la communication, on ne connait ni l’ennui ni la répétition, chaque jour apporte son lot de nouveautés, de défis, de découvertes, d’apprentissages et surtout, et c’est le plus important, son lot de réalisations et de réussites.

Quel souvenir gardez-vous de votre expérience en tant que conseillère communication au Ministère du développement social, de la famille et de la solidarité ?

Une expérience intense et tellement enrichissante !

J’ai énormément appris en très peu de temps. J’ai pu toucher à des problématiques concrètes en relation avec la cause de la femme, de l’enfance et de la famille au Maroc. C’est vous dire que je ne me suis pas ennuyée une seconde ! J’ai pu voir également de plus près tout le dispositif autour de la cause de la femme : droits, égalité, problématique du genre, éducation des jeunes filles, …

Le Maroc avance à pas sûrs sur ces différents sujets, mais le chemin reste long.

Pour moi, la clé réside dans l’éducation des filles, mais aussi dans l’éducation de manière globale, car tout est possible quand l’éducation est au niveau, elle est à la base du progrès. Et puis, la recherche l’a démontré, l’éducation des filles a un impact fortement positif sur le développement économique d’un pays, sa stabilité politique et sa qualité de vie également. L’éducation permet de changer de vie et donne le pouvoir de transformer son environnement économique et social.

Vous avez travaillé également dans le Groupe Renault.  Quel souvenir en gardez-vous ?

Mon passage chez Renault était ma première expérience en industrie et je dirais même que c’était la plus belle. J’ai eu la chance d’intégrer le groupe Renault à un moment où l’organisation Renault Maroc se mettait en place, avec des ambitions très fortes sur l’un des secteurs les plus prometteurs de l’économie.

J’ai pu prendre part aux travaux d’inauguration de la belle usine Renault-Nissan de Tanger, aujourd’hui un fleuron de l’industrie automobile au Maroc.

J’ai énormément apprécié le côté authentique et humain de l’environnement industriel. Ayant évolué dans un milieu ‘manufacturing’, j’ai eu la chance de découvrir une panoplie de concepts que j’utilise encore aujourd’hui.

Avez-vous ressenti, dans votre parcours professionnel, des discriminations entre hommes et femmes ?

Je ne sais pas si c’est un pur hasard ou le fruit du destin, mais j’ai toujours évolué dans des milieux professionnels que l’on pourrait qualifier de ‘masculins’. Cela ne m’a jamais empêchée d’évoluer, d’être bel et bien présente et visible, de faire entendre ma voix, d’évoluer, et surtout, de revendiquer la place et les égards auxquels j’ai droit.

Je suis quelqu’un qui a une forte personnalité et qui défend dur comme fer ses convictions. Certes, cela m’aide beaucoup, mais je reste aussi persuadée que seule la performance et un comportement éthique et professionnel comptent au final et finissent par payer.

Je pense que ce sont tous ces éléments réunis, additionnés à une bonne dose de passion et d’enthousiasme dans tout ce que j’entreprends, qui m’ont aidée à percer dans le milieu professionnel et à occuper, au fil du temps, des postes de responsabilités avec des missions de plus en plus complexes, dans plusieurs secteurs d’activité. 

En quoi consiste votre travail au sein du Crédit du Maroc aujourd’hui ?

J’ai la lourde mission de développer le capital image et la notoriété de cette banque historique au Maroc et de la positionner en banque de référence sur ses marchés stratégiques. En interne, il s’agit de positionner la fonction communication en véritable fonction support au service des métiers, des managers et de la culture de la banque.

Avec mon équipe, nous avons opéré aujourd’hui une véritable rupture en terme de style de communication avec une nouvelle direction artistique à travers une communication décalée dans un univers conventionnel.

Quel est votre passetemps préféré ?

J’ai découvert il y a 2 ans maintenant les bienfaits du yoga et de la méditation et cela a réellement changé ma vie. Ces 2 disciplines représentent pour moi une véritable philosophie de vie qui m’aide aujourd’hui à devenir une meilleure version de moi-même.

Avez-vous un modèle, une personne que vous admirez particulièrement ?

Mon modèle dans la vie, c’est ma grand-mère ‘allah yrhamha’. C’est grâce à elle que je suis devenue la femme que je suis aujourd’hui. Pour elle, c’était simple, je devais tout apprendre et être autonome et indépendante dans la vie. Quand j’étais petite, je ne comprenais pas cette discipline très stricte et parfois trop contraignante pour l’enfant que j’étais. Aujourd’hui, je mesure tous les jours la chance que j’ai eue et l’importance du cadeau qu’elle m’a fait.

Elle est partie il y a 17 ans maintenant et il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à elle.

Quelle est votre devise ?

‘Nous rencontrons toujours les gens pour une raison : soit c’est une bénédiction, soit c’est une leçon’.

Quel conseil pourriez-vous donner aux jeunes qui veulent réussir leur carrière ?

Avant toute chose, croire en eux, en leur potentiel et en leurs capacités à réaliser des choses extraordinaires.

Cela peut paraitre simpliste comme conseil mais pour moi, c’est la clé, croire en soi est le préalable, le premier pas pour agir et réussir.

Ensuite, le travail, la persévérance et la discipline.

Qu’avez-vous retenu des changements qui se sont opérés depuis 2020 ?

Que la vie est précieuse et qu’il faut la croquer à pleines dents. Seul le moment présent compte et il faut le vivre pleinement.

Personnellement, j’ai vécu cette période de pandémie comme un signal, une espèce de rappel à l’essentiel qui m’a obligé à revoir mes priorités, à reconsidérer mes choix et à me recentrer sur ce qui est réellement important pour moi.

Je reste persuadée, que dans la vie, chaque crise que l’on peut vivre cache en elle une opportunité. A nous de tirer les bons enseignements et de saisir les opportunités !