Imane El Majji

« Nous avons un avenir à bâtir ensemble pour les générations futures. »

Quelles sont vos origines ?

Je suis originaire Houara, région Souss Massa.

Quelles études avez-vous poursuivies et pourquoi ce choix d’études ? 

J’ai obtenu mon bac, puis une licence et un master en sciences économiques. Actuellement je prépare ma thèse de doctorat en économie et gouvernance. Ce choix est dû essentiellement à l’intérêt que je portais depuis mon jeune âge à l’actualité politique, économique et financière. Je trouve que cette branche est la plus intéressante dans un monde de plus en plus centré sur l’échange de biens et de services. La maîtrise des savoirs et des outils économiques devient alors indispensable. C’est également une branche polyvalente, alliant plusieurs domaines de savoirs et en parfaite adéquation avec le domaine politique. 

A quel moment vous êtes-vous engagée en politique et qu’est ce qui a suscité cette envie ?

J’ai décidé de m’engager en politique à l’âge de 18 ans grâce au travail social que j’ai commencé à l’âge de 13 ans dans un petit collège public. Pour moi, la politique constituait la pièce manquante pour renforcer de plus en plus l’impact de mon travail social et transmettre les attentes des citoyens aux institutions concernées.

Racontez-nous votre expérience au sein de différentes ONG 

Mon expérience dans le travail social a commencé à l’âge de 13 ans, dans un collège public à Tanger, où j’ai pu créer un club social et environnemental qui travaillait en interne en faveur des élèves en difficultés, issus de classes sociales défavorisées. Au lycée, j’ai participé à la création d’un club d’entreprenariat. Ce qui m’a attiré dans l’entrepreneuriat social, c’est le lien qu’il assure entre l’économie (la gestion de projets) et le travail social. Après l’obtention de mon bac, j’ai décidé d’intégrer des associations au niveau local, régional, national et même international. J’ai commencé alors par le Bureau des Etudiants au sein de l’Université Abdelmalek Essaadi, où j’ai poursuivi mes études universitaires, puis des associations comme Touch of Hope, ROTARACT, la JCI, ENACTUS, Maroc Ta3mal, l’observatoire de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, etc …

Actuellement, je suis la représentante du Mouvement Panafricain des Leaders, qui a ses fédérations dans 27 pays au niveau du continent africain et qui travaille sur la mise en œuvre des principes de solidarité, entre les pays africains et les objectifs stratégiques de l’agenda 2063. 

Il y a aujourd’hui une réelle crise de confiance des jeunes en la politique, qu’est-ce que vous leur diriez pour les encourager à s’engager ?

Je ne vais pas demander aux jeunes de « s’engager » dans la vie politique, mais je vais attirer leur attention sur le fait que nous avons un avenir à bâtir ensemble pour les générations futures.  Nous avons un avenir meilleur à assurer pour nos enfants, nous ne devons pas seulement demander le changement, mais nous devons militer ensemble en participant activement et réellement sur la scène politique pour réaliser ce changement. Je trouve que le principal outil pour relever ce défi est la participation des jeunes à la politique pour changer les mauvaises pratiques (corruption, achat de conscience et vente d’illusions).  Vous êtes une chance pour le Maroc et vous devez en tant que citoyens marocains participer activement au développement de votre pays, en choisissant votre représentant et en optant pour une présence massive au sein des partis politiques, pour enrichir l’histoire de notre Royaume et ne pas se contenter de demander le progrès en croisant les bras. 

Quelle est la femme qui vous a le plus inspirée ?

  • Au niveau personnel : permettez-moi de parler de ma mère, qui représente pour moi le symbole de la femme forte, courageuse et qui a su relever les défis pour réussir dans sa vie personnelle et garder les piliers d’une famille heureuse, prospère et unie, ainsi que dans sa vie professionnelle en tant que professeure, et sa vie associative en tant que militante pour les droits de la femme.
  • Au niveau politique : Mme Najat Valaud Belkacem, qui a vécu une enfance dure en tant que paysanne au Maroc et a pu occuper des postes de grande ampleur dans la République Française , entre autres : le poste de ministre des droits des femmes qui lui a permis de défendre et militer pour le droit à l’avortement et lutter contre le sexisme et pour l’égalité ; le poste de ministre de la jeunesse et des sports à partir duquel elle a mené une stratégie de promotion de la mixité sociale et finalement le poste de ministre de l’éducation nationale , de l’enseignement supérieur et de la recherche. Via ce poste, Mme Najat Valaud Belkacem a mis en place le numérique dans l’éducation, a défendue les principes de la citoyenneté et laïcité et a mené de grandes réformes au sein des collèges et des programmes scolaires. Toutes ses réalisations, ainsi que ses débats face aux candidats pour la présidence de la république, m’ont inspiré et j’espère qu’un jour j’aurai l’opportunité d’avoir un parcours politique réussi comme le sien. 
  • Au niveau associatif : Mme Aicha Chenna qui est une grande militante pour les droits de la femme et des enfants abandonnés.  

Que pensent vos parents de votre engagement en politique ?

Mes parents étaient contre mon engagement politique, tout au long de ces années de militantisme au sein de mon parti. Je devais en même temps militer et défendre mon appartenance et mon choix politique face aux membres de ma famille, notamment mes parents. Avec le temps, ma mère s’est rendue compte de l’impact positif de la politique sur ma personnalité et sur mon réseau relationnel. Aujourd’hui, elle est la seule personne qui m’encourage dans ce sens. 

Vous êtes aujourd’hui la présidente du Mouvement Panafricains des Leaders – Maroc, en quoi consiste votre mission ?

Je suis la présidente du MPL Maroc, une ONG crée en 2017 qui a pour but de promouvoir le panafricanisme et de mobiliser tous les africains, notamment les jeunes, pour la réalisation des objectifs de l’Union Africaine en vue de l’avènement d’une Afrique Solidaire. 

Qu’est-ce que l’année 2020 vous a-t-elle apporté ?

L’année 2020 a sans doute été la pire sur le plan psychologique, sanitaire, économique, social et politique. Elle a également, par certains aspects, réussi à me faire changer certaines de mes habitudes et à repenser mon avenir et mes priorités. Une année qui m’a offert des instants pour moi, pour un retour à l’essentiel où j’ai pris un peu de recul au niveau professionnel, pour revenir de plus en plus forte par la suite. Grâce au confinement, j’ai pu éprouver ma persévérance et tester mon degré d’appartenance à la vie associative et politique ; qui s’est renforcée de plus en plus avec l’utilisation du digital et l’organisation des campagnes de sensibilisation en pleine crise. L’année 2020 est l’étape de ma vie qui m’a permis de comprendre l’importance d’être une personne résiliente et reconnaissante de ce qu’elle possède dont la santé et les petits bonheurs de la vie.