Karima Mkika

« Notre devise est le partage et le respect de l’esprit de famille. »

Née le 15/11/1969 
À Casablanca
Vit à Marrakech et travaille entre Rabat, Marrakech et Safi
Poste actuel : membre du CESE et en particulier membre du board 

D’où venez-vous et où vivez-vous ?

Je suis née à Casablanca. Je suis arrivée à Marrakech à 4 ans. J’ai fais mes études un peu partout au Maroc du fait que mon père était fonctionnaire et changeait de ville souvent.

Je vis à Marrakech et travaille entre Rabat, Marrakech et Safi.

Quelles études avez-vous poursuivi et pourquoi ce choix d’études ?

Après le bac j’ai intégré Sup de co Marrakech et après j’ai fais du Droit à Rabat.

Je suis arrivée en 1992 à Meknes du fait que mon mari était banquier là-bas, j ai même été à l’université de droit de Meknes.

En fait, que ce soit Sup de Co ou l’université de droit, les deux m’ont permis de faire ce que je fais aujourd’hui au CESE. 

Ayant été étudiante chez un grand constitutionnaliste, en l’occurrence Mr Abdeltif Menouni, j’ai pu facilement m’intégrer au sein de cette institution.

Le fait d’avoir fait du Droit m’a aidé à mieux m’imprégner dans la dynamique du CESE.

La démocratie participative pour laquelle nous avons tellement travaillé, cette institution nous a permis de travailler ensemble où tous les membres ont le même droit celui de voter à la fin de chaque mois, lors de l’Assemblée générale, un avis sur lequel nous avons travaillé. 

Personnellement j ai été rapporteuse de plusieurs avis, que ce soit la migration et le marché de l’emploi, le travail domestique et tout dernièrement l’avis sur la valorisation du capital humain.

Comment est née l’aventure El Karam ?

L’aventure d’Al karam a commencé quand j’habitais à Safi après mon passage à Meknes. J’y suis restée 8 ans et c’est avec un groupe d’amies que nous avons lancé l’association Al karam pour la protection de l’enfance et qui a eu le privilège d’avoir comme présidente d’honneur SAR la princesse Lala Meriem, notre modèle et notre pionnière dans la défense des droits des enfants.

En 1997 et sur Safi nous avons créé l’association Al karam où nous étions un groupe de personnes très sensibles à la cause des enfants et engagés à améliorer les conditions de ces derniers. 

Nous avons eu de la chance d’avoir aussi des autorités à l époque qui étaient convaincus du rôle de la société civile.

Plusieurs partenariats entre le privé, nous et l’état nous ont permis d’avoir le premier bureau d’écoute et la première Maison d’enfants et c’est pour la première fois qu’une maison de Pacha est donné à une association afin de la transformer en maison d’enfants, un lieu de vie pour ceux qui n’ont plus de parents ou qui sont en rupture.

Cette maison du Pacha Mokri est un endroit où nous accueillons les enfants et les jeunes. En 2002 SM le Roi Mohamed 6 est venu l’inaugurer et grâce à lui plusieurs partenariats ont été signés.

Aujourd’hui en quoi consiste l’action de El Karam ?

Al karam est une association d’utilité publique qui fait de la convention des droits de l’enfant son cheval de bataille.

Nous travaillons sur 3 volets :

– La prévention de la violation des droits des enfants.

– La protection des droits des enfants. 

– La réhabilitation des enfants qui ont été victimes de violence.

Al karam a deux centres d hébergement et deux centres de formation par apprentissage pour prévenir toute violation des droits des enfants.

Comment avez vous atterrie au CESE et en quoi consiste votre mission au sein du Conseil ?

J’ai atterri au CESE via la liste de la 2 ème chambre.

Le CESE est une institution consultative qui regroupe 5 catégories de membres :

La catégorie des associations professionnelles, les experts , les syndicats, les ès-qualités et la 5 ème que j’ai l’honneur de représenter au Bureau, celle de la société civile et de l’économie sociale et solidaire.

En plus des 7 commissions qui s’auto-saisissent ou sont saisies pour toute question économique, sociale ou environnementale.

Un rapport annuel est préparé tous les ans et qui englobe la situation du pays au niveau économique social et environnemental.

De toutes les femmes extraordinaires que vous avez été amenée à côtoyer, quelle est celle qui vous a le plus marquée et pourquoi ?

Les femmes qui m’ont le plus marquées et qui nous ont hélas quittés sont : Aïcha Chenna, Assia Wadii et sans oublier Zoulikha Nasri.

Aïcha Chenna, a été la première femme à briser les tabous en faisant de la causes des mères seules un vrai combat en insistant sur la prévention. 

Assia Ouadii avec son engagement auprès des personnes placés par la justice m’a permis de comprendre et de m’engager pour la réinsertion de ces derniers.

Zoulikha, la sage fédératrice, nous pouvions l’appeler à n’importe quelle heure, elle répondait, nous ouvrait des portes et avait la phrase pour nous apaiser.

Je suis aussi émerveillée par toutes ces grandes dames qui militent tous les jours pour cette belle cause.

Quel était votre rêve de petite fille ?

Je voulais être médecin, je devais même aller étudier à Besançon mais mon père a préféré que je reste au Maroc du fait que je sois l’aînée d’une fratrie de 2 sœurs et 2 frères, mais je ne regrette pas mon choix. L’associatif m’a appris énormément et j’ai eu la chance de travailler avec des ténors des droits des enfants.

Quel est le conseil le plus précieux que vous ayez donné à vos enfants ?

Le conseil que je donnais à mes enfants c’est d’être unis, de s’aimer et aimer les autres. 

Et notre devise est le partage et le respect de l’esprit de famille.

Quelles sont vos projets sur le moyen et long terme ?

Les projets à moyen terme c’est de pouvoir dupliquer le projet d’ Al karam à travers plusieurs villes marocaines et pourquoi pas dans d’autres villes africaines car je crois en le partenariat Sud-Sud. 

Nous avons besoin les uns des autres.

Sur le long terme, m’occuper de mes petits enfants d’abord et de pouvoir un jour avoir une vraie politique publique de l’enfant dont l’intérêt supérieur de ce dernier passe avant tout.

Et qu’on soit tous interpellés quant à l’avenir de ces enfants.

Quel est votre souhait le plus cher ?

Mon souhait le plus cher est de ne plus voir autant de déchirements entre les  adultes quand un jour ils décident de se séparer.

Qu’ils règlent leurs problèmes d’adultes et laissent les enfants hors ces gué guerres inutiles.

Un enfant doit être assumé à deux et non être otage du dysfonctionnement de la cellule familiale. 

J’avais un autre rêve, celui que tous les marocains puissent avoir une protection sociale et avec le règne de SM le Roi ce rêve est devenu une réalité.