Kawtar Jraifi

« Tout mon parcours a été marqué par une diversité interculturelle et inter-entrepreneuriale. »

Quelles sont vos origines ?

Je suis une franco-marocaine née à Casablanca, d’une mère de Ben Ahmed et d’un père de Khouribga. J’ai ensuite vécu en Europe, en Asie et aux États-Unis.  

Je « m’appelle » l’enfant du monde. Chaque pays dans lequel j’ai vécu, étudié ou travaillé m’a apporté une éducation, des valeurs différentes mais bien complémentaires. 

Quelles études avez-vous poursuivies et pourquoi ce choix d’études ?

Je suis titulaire d’un Master I « Responsable Commercial en Affaires Internationales » à Montpellier ; d’un MBA généraliste de l’Institut Universitaire Kurt Bösch (Suisse) et d’un MBA en « Audit et Management des Risques et des Assurances de l’entreprise » à Paris. 

J’ai complété mon cursus par des études en Management & Leadership à Rock Hill en Caroline du Sud à l’Université Winthrop aux États-Unis ; en Russie à l’École Supérieure de Gestion Franco-Russe d’Obninsk et en Chine à l’Université de Suzhou. Ce déploiement m’a permis d’élargir ma vision du monde, de renforcer mes capacités d’adaptation et de me positionner durablement en ambassadrice du développement au service de mon pays. 

Vous avez fait des stages à travers le monde, lequel vous a le plus marquée ?

J’ai été formée au Maroc, aux États-Unis, en France, en Chine et en Russie sur une base pluridisciplinaire. Grâce à mon parcours, je dispose aujourd’hui d’une solide expérience professionnelle internationale qui m’a permis d’acquérir une vision stratégique multicanal et multi-marchés sur plusieurs zones géographiques. Ceci a constitué un tournant significatif dans mon approche des relations interculturelles. Tout mon parcours a été marqué par une diversité interculturelle et inter-entrepreneuriale, dans leur globalité ils ont contribué à enrichir mon expérience. 

Quel est l’échec qui vous a le plus appris ?

C’est un mot que j’ai très tôt banni de mon champ lexical. J’ai toujours parlé d’épreuves formatrices de la vie, car il s’agit d’une partie intégrante de ce que je qualifie de réussite !

C’est à ce titre que je porte mon attention sur la recherche de solutions, plutôt que sur l’enfermement stérile dans les problèmes. J’ai de qui tenir : ma mère, dont l’histoire est exemplifiée en étude de cas dans des Business Schools en France, est un exemple autodidacte, partie de son village à la conquête spectaculaire de Khouribga ; mais aussi mon père, qui a pris la décision de travailler pour le succès des projets professionnels de ma mère. Un leader se doit de considérer que les dits problèmes constituent autant d’opportunités de progression. 

Qu’est-ce qui vous a le plus enrichi, les études ou l’expérience ?

Je n’arrive pas à les concevoir l’une sans l’autre. C’est à ce titre que les deux sont bel et bien complémentaires. La formation académique me permet de structurer ma pensée car elle m’a indéniablement dotée d’outils d’analyses objectives, forts utiles pour la dialectique managériale, mais l’expérience de la vie – professionnelle, religieuse, relationnelle, culturelle – m’enrichit durablement de la réflexivité indispensable à tout leader digne de ce nom. 

Parlez-nous de l’expérience professionnelle qui vous a le plus marquée ?

J’ai fait une rencontre exceptionnelle dans ma vie. Mon Professeur, le biographe, le Dr Mathias Mondo, qui a marqué un tournant dans ma vie. J’ai eu la chance de suivre ses enseignements à la MBway Business School à Montpellier et il a été mon tuteur académique pour l’obtention de mes diplômes en gestion d’entreprise. Cette expérience, à priori académique, m’a directement plongée dans l’univers professionnel. Plus qu’un enseignant, il a été pour moi un coach. Il m’a donné confiance en moi, renforcé mon estime personnelle en m’apprenant à défendre durablement mes idées tout en ayant le sens de l’écoute. Expert en stratégie d’entreprise, il m’a appris à booster la performance par le bien-être au travail. Je ne serai pas aujourd’hui membre actif, trésorière entre autres, de la Convention des Entreprises pour l’Afrique (CEA).

Quelle est la personne qui vous a le plus appris ?

Trois personnes ont, par leur expérience, structuré et influencé ma personnalité :

  • Mon père m’a appris comment faire partie des « Hommes de l’ombre » qui soufflent à l’oreille du décideur.
  • Ma mère est une « école de la vie » à elle toute seule, et m’a inculqué son approche « Humaine et Sociale » de la gestion des organisations.
  • Mon mentor, le Dr Mathias Mondo, en agissant en vrai détecteur de talent, m’a doté d’outils de stratégie qui me servent d’aiguillon non seulement pour mon évolution professionnelle, mais aussi et surtout comme ingrédient d’intelligence émotionnelle pour ma vie quotidienne. 

Comment s’est passé votre retour au bercail ?

Il m’a naturellement fallu une phase de réadaptation et de redécouverte de mon pays natal malgré mes nombreux sauts de puce au Maroc durant mes études et mon parcours professionnel à l’étranger. Cela fait seulement trois mois que je suis rentrée au Maroc. C’est une transition émotionnellement éprouvante. Le passage de la vie de parisienne à ma nouvelle vie à Khouribgua est à lui seul un voyage initiatique, de spiritualité et de découverte de soi. La confiance en soi et les capacités d’adaptation acquises dans les pays que j’ai visités et les cultures, leurs savoir-vivre et leurs savoir-être dont j’ai pu m’enrichir, m’aident à trouver un réel équilibre entre la vie professionnelle et mon épanouissement personnel. 

Parlez-nous de votre ville, Khouribga

Ce n’est pas que la « Mienne » 😉 permettez-moi de dire plutôt, « NOTRE » ville Khouribga !! Il faut soutenir et développer nos villes de province. C’est bien là que se niche le développement inclusif du pays dans sa globalité. Il faut savoir que Khouribga est une ville du Maroc située à 120 km au sud-est de Casablanca et à quasi égale distance de Rabat. Cette cité minière est considérée comme la plus importante zone de production de phosphates du Monde. Pourtant, cette ville que j’appelle aussi « Rehab », est aujourd’hui une ville de retraités, qui ne parvient pas à œuvrer à son propre développement, et stagne à créer de l’emploi. Pourtant, Khouribga a un potentiel de développement incomparable : ses ressources et son capital humain ne demandent qu’à être valorisés. 

C’est la raison pour laquelle j’invite celles et ceux qui ont le goût du challenge et la soif de découverte, de rejoindre « NOTRE ville » Khouribga pour, ensemble, offrir des solutions innovantes à son développement.

Qu’avez-vous retenu de l’année 2020 ?

Marquée par la pandémie de la Covid-19, je retiens néanmoins de bonnes choses de cette année inoubliable, et je ne veux pas la réduire à une crise sanitaire. 

Si je devais la résumer en un mot, ce serait « gratitude ». Avec toutes les restrictions apportées à nos libertés, chacun d’entre nous a appris à accorder une plus grande valeur aux choses   simples, essentielles, que nous tenions auparavant pour acquises. Une poignée de main, un câlin, une bise… 

De nombreux défis restent à relever, mais nous avons retenu des leçons de cette crise qui nous a apporté, à tous, la découverte de soi et l’épanouissement personnel.