Zineb Laroussi

Créatrice de la marque Zila Russi

“Entreprendre, c’est d’abord un rêve et une passion”


Présentez-vous en quelques lignes ?

J’ai 33 ans. Je suis née et j’ai grandi à Casablanca. Célibataire (mais normalement plus pour longtemps), je suis une grande rêveuse et une passionnée de cuisine, de voyages et de mode. Pour aller au bout de l’un de mes rêves, j’ai décidé, il y a près de deux ans, de lancer ma propre marque de chaussures « Zila Russi », qui n’est autre qu’une anagramme de mon nom.

Quelles études avez-vous poursuivies ? Et pourquoi ce choix ?

Après l’obtention de mon baccalauréat sciences expérimentales, en 2005, il faut dire que j’ai eu du mal à trouver un cursus qui puisse allier à la fois mes compétences et mes ambitions professionnelles. Des ambitions ambiguës, faut-il le reconnaître… un problème d’orientation doublé d’un manque de connaissance de soi. J’ai donc fini par suivre des études en marketing stratégique. C’était la formation qui me convenait le mieux à l’époque. Mon diplôme en poche, j’ai travaillé dans différents secteurs, du matériel informatique à l’industrie pharmaceutique, en passant par la cosmétique bio, la haute joaillerie et le matériel d’impression.

D’où vient votre passion pour la chaussure et d’où vous est venue l’idée de créer votre marque ?

Je me suis découverte cette passion, il y a des années. Ayant grandi dans une famille de chausseurs, il ne m’a pas été difficile d’orienter mes rêves d’enfant vers le domaine professionnel qui m’était le plus familier. Enfant, je me souviens encore que ma sortie préférée était quand mon père m’emmenait à son usine de semelles. Je prenais un plaisir fou à tamponner les post-it sur son bureau et classer ou plutôt déclasser ses dossiers, en m’imaginant directrice de l’usine. Je crois que mon rêve d’entreprendre remonte à cette époque. Quelques années plus tard, mon père a été contraint d’arrêter ses activités dans le domaine de la chaussure. Mes rêves ont pris de nouvelles formes. Un goût de revanche et un besoin de réintégrer le nom de la famille dans le circuit commençaient à se ressentir. Une fois adulte, je suis devenue une vraie shoeaholic. Autant de raisons qui expliquent la création de ma marque de chaussures.

Qu’auriez vous fait si vous n’étiez pas devenu entrepreneur ?

J’aurais certainement continué à faire des choses qui ne me plaisaient pas vraiment, mais que je tachais tout de même de bien faire. J’ai appris énormément de mes expériences professionnelles. J’ai pu trouver en moi les ressources nécessaires pour entreprendre grâce à toutes les compétences acquises d’un poste à l’autre. Une chose est sûre : Je n’aurais jamais abandonné le rêve de lancer mon projet.

Quel est le modèle économique de votre marque ?

Je n’ai pas un modèle économique précis. J’aime m’inspirer des gens qui ont réussi dans leurs secteurs d’activités, que ce soit par leurs talents ou leurs persévérances. Des gens qui ont toujours une leçon à donner. Pour moi, imiter des exemples de réussites peut constituer un vrai catalyseur de succès. J’entends par imiter, adopter leurs tempéraments, éviter leurs erreurs et apprendre de leurs parcours. Cela requiert évidemment un grand sens de l’analyse.

Quelles ont été les difficultés auxquelles vous avez été confrontée lors du lancement de votre marque ?

Les lancements sont toujours durs. Pour ma part, j’ai dû faire face à plusieurs freins. Mes propres peurs et toutes les questions que je me posais et auxquelles je n’avais pas encore de réponses. Suis-je réellement capable d’aller jusqu’ au bout ? Comment les gens percevront-ils ma marque ? Le concept sera-t-il apprécié ? Pourrais je rebondir si j’échoue ? Je devais gérer des problèmes notamment liés à la trésorerie. Je me suis autofinancée et cela n’a pas toujours été facile. Il fallait préparer des collections à l’avance, investir dans les packaging et la communication, gérer le stockage et les livraisons.

Après des débuts sur Instagram, vous avez maintenant ouvert votre showroom. Le digital occupe toujours une place importante dans votre projet ?

Oui… j’ai ouvert le magasin Zila Russi, 10 mois après la création de la marque. C’était un énorme pas. Cela m’a aidé à créer un réel environnement. Le digital occupe toujours une place importante. Instagram, c’est d’abord une vitrine de la marque et un support de notoriété, de partage et de communication. Il génère des ventes représentant une part considérable du chiffre d’affaires. Les réseaux sociaux créent des liens bien plus que de simples relations commerciales. Je reçois tous les jours des conseils, des suggestions et surtout des encouragements qui me donnent envie de me surpasser et repousser mes limites un peu plus à chaque fois pour être à la hauteur des espérances de tous les gens qui me soutiennent.

Vos projets ?

Des projets… j’en ai beaucoup ! J’aimerais, entre autres, voir ma marque dans des points de vente étrangers. Je suis consciente qu’il est encore trop tôt pour le faire. En attendant, j’essaie d’avancer à petits pas, gérer ma production et diversifier un peu plus mes gammes. En tant que femme entrepreneur marocaine, il est important de faire ses preuves au Maroc avant de se lancer dans d’autres marchés.

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