Miya Belkora

Paysagiste et Fondatrice de Miya Belkora Design

” Ce qui est fonctionnel est beau ” 


Présentez vous en quelque lignes…

Je suis née et j’ai grandi à Rabat. D’un père rbati et d’une mère slaouie. De profession paysagiste, je suis également passionnée de voyage et de chant. J’ai atteint la demi-finale de l’émission Studio 2M en 2005. J’ai eu aussi la chance incroyable de chanter aux côtés de Stevie Wonder lors du Festival Mawazine 2009.

Quelles études avez-vous poursuivies et quel est votre métier actuel ?

Après mon cursus scolaire au lycée Descartes, je suis allée au Canada pour y poursuivre mes études. Un bachelor en Communication à l’Université d’Ottawa en poche, j’ai suivi les conseils de mon père en m’inscrivant dans une école de paysagiste à l’Université de Montréal. De retour à Rabat, il y a 9 ans, j’ai créé ma société Miya Belkora Design. J’ai également une expérience à la radio. A ce titre, j’ai produit et animé l’émission “Evasions” sur les voyages et assuré des chroniques sur le thème du jardin sur la station publique Rabar Chaîne Inter. J’ai touché aussi à la restauration, il y a trois ans, en rénovant le concept du fastfood familial Grill 23 à Rabat.

Comment est née votre passion pour les jardins ?

C’est une histoire de famille. C’est tout d’abord d’une passion paternelle. Mon père, en dehors de son métier de médecin ORL, s’est lancé par amour des plantes dans les pépinières. Après un voyage en Asie, il est tombé sous le charme du bambou. Il a contribué au développement de cette plante au Maroc et s’est vite positionné en tant que spécialiste. La propriété parentale a aussi beaucoup contribué à mon expérience. C’est un véritable laboratoire végétal.

Ma mère m’a aussi beaucoup encouragée dans mon métier et m’a aidé dans mon entreprise. Mon jeune frère a repris les pépinières en gestion, depuis quelques années, tout en les développant avec l’intégration notamment de nouvelles graminées adaptées au climat marocain.

Quid des projets sur lesquels vous travaillez…

J’ai commencé à travailler avec de grands groupes immobiliers deux ans après la création de Miya Belkora Design. J’ai répondu à la première consultation pour le compte de la CGI. Mon dossier a été retenu. Cela m’a permis d’avoir une solide référence pour les appels d’offre suivants. Les projets pour lesquels j’ai travaillé sont des hôtels 4 et 5 étoiles, des parcs, des hôpitaux, des projets immobiliers et des centres commerciaux.

Je travaille aussi pour les résidences privées. En ce moment, je travaille sur l’aménagement paysager de l’hôtel Mariott de Rabat, l’hôpital universitaire de Bouskoura et le nouveau centre commercial Ryad Square à Rabat.

 

Quelle est votre façon d’entreprendre ?

Je pars tout d’abord du principe que le côté fonctionnel d’un jardin ou d’un espace vert doit être le premier à être pris en compte. D’ailleurs, j’ai toujours cette phrase en tête que mon père me répétait souvent : Ce qui est fonctionnel est beau.  Je suis toujours à l’écoute du client. Le feeling étant très important. Je prends en considération tout le contexte à savoir l’architecture, la décoration d’intérieur, le positionnement et les environnements notamment le climat, l’orientation et le sol ainsi que le cahier des charges, quand s’il s’agit d’un appel d’offre ou une consultation. J’aime aller à l’essentiel.

Je travaille étroitement avec mes collaborateurs et mon équipe. Chaque projet est un véritable travail de groupe avec des séances de brainstorming. Chaque jardin ou espace vert doit être unique dans sa conception.

Quel est votre style ?

Je puise mon inspiration de mes différents voyages à travers le monde et des différents salons professionnels que je visite régulièrement à l’étranger. Dans le paysage il n’y a pas que les plantes. Il y a aussi les matériaux comme la pierre, le bois, l’acier Corten par exemple, qui contribuent fortement à la mise en valeur de la végétation. L’éclairage du jardin est aussi important. Grâce à lui, le jardin peut prendre une autre dimension la nuit. J’aime à dire que c’est comme s’il y avait deux jardins en un. J’ai en effet plusieurs styles assez différents les uns des autres. Ça va du Luxuriant, un style abondant, généreux, jusqu’au mexicain, un jardin sec avec des cactus et galets.

Travaillez-vous uniquement sur les espaces extérieurs ? 

Une partie de mon métier concerne aussi les espaces intérieurs. Cela permet de faire entrer le jardin au sein de l’habitation. Le pot planté prend de plus en plus une dimension importante dans le design. Le pot est un objet que j’affectionne particulièrement. Il est généralement utilisé comme support pour la plante, mais il devient un objet décoratif que j’aime intégrer aussi bien à l’intérieur comme à l’extérieur. Je travaille d’ailleurs en ce moment sur la création de nouveaux modèles de pots avec des matières nobles.

Qu’est ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

J’aime créer. Chaque jardin est unique. Chaque projet est une nouvelle aventure, un nouveau challenge. Il n’y a pas de monotonie ou de routine dans mon métier. Je consacre énormément de temps à la recherche de nouvelles plantes, aux nouveaux matériaux et objets extérieurs. J’aime le côté qui permet de rendre un espace vivant, en harmonie avec son environnement, et son histoire. J’aime bien voir le jardin évoluer dans le temps et c’est un plaisir que de le voir grandir.

Vos conseils pour se lancer dans le domaine du paysagisme ?

Il faut beaucoup de passion pour les plantes et de patience pour les voir évoluer.

Ce métier doit être perçu comme un jeu. Il faut simplement y croire et ne jamais lâcher prise.

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