Laura Kakon

Global Chief Marketing Officer d'Honoris United Universities Basée à Casablanca et travaillant sur l ensemble de l'Afrique

Il faut « faire et défaire pour mieux faire » “


D’où venez vous ? Où vivez vous ?
Je suis née à Casablanca, d’une mère de Marrakech et d’un père d’Essaouira. J’y ai vécu jusqu’à mes 18 ans. Je suis allée à Paris pour poursuivre mes études. J’ai travaillé en France puis aux Etats-Unis (New-York) avant de rentrer au Maroc en 2010. Je savais que si un jour je rentrais au Maroc, ce serait pour un projet qui ait du sens tant au niveau professionnel que personnel.

Quelles études avez-vous poursuivi et pourquoi ce choix d’études ?

J’ai choisi de faire des études généralistes, car j’aime la possibilité de travailler sur des sujets différents et d’avoir plusieurs cordes à mon arc. Suivre un cursus type école de commerce correspondait à ma vision. Après ma prépa, j’ai intégré l’ESCP Europe, où j’ai exploré différents secteurs d’activités à travers mes stages et mes missions associatives. J’ai finalement choisi de travailler en marketing international chez L’Oréal dans la mesure où l’approche ressources humaines de cette entreprise était en phase avec ma personnalité un peu « hors cadre » et le multiculturalisme intrinsèque à mon identité.

Parlez-nous de votre expérience chez L’Oréal et de l’enseignement que vous en avez tiré ?

J’ai passé onze années chez L’Oréal, durant lesquelles j’ai travaillé pour plusieurs marques du groupe pour ne citer que Lancôme, La Roche-Posay, Vichy et Héléna Rubinstein. Ces années ont été riches d’apprentissage, de rencontres et d’ouverture sur le monde. J’ai démarré chez Lancôme International en travaillant sur le développement des produits spécifiques pour l’Asie. Dès le début, j’ai interagi quotidiennement avec des équipes de différents pays comme le Japon, la Corée du Sud, la Chine ou la Thaïlande. L’Oréal encourage la diversité, l’intrapreneurship et l’esprit d’initiative. J’ai appris comment « vendre mes idées » et les concrétiser avec ténacité et résilience. C’était un environnement très exigeant. Il faut « faire et défaire pour mieux faire », comme disait l’un de mes mentors. Une véritable école pour le reste de mon parcours.

Comment avez-vous atterri dans l’enseignement ?

Par un heureux concours de circonstances. A 35 ans, j’ai décidé de couper le cordon et de quitter L’Oréal pour faire le tour du monde avec mon mari. Il était temps de me renouveler et réfléchir à la prochaine étape de ma vie. Ma grande fille avait 18 ans et commençait ses études. C’était le timing idéal. J’étais en Argentine, lorsqu’un chasseur de tête me propose le projet ambitieux de lancer la première université privée à Casablanca. J’adore les challenges et l’excitation de la page blanche, où tout est à créer et construire, surtout que le projet était structurant pour mon pays. Je n’ai pas hésité. Ce projet s’est imposé à moi comme une évidence. Je crois beaucoup à la synchronicité.

En quoi consiste votre mission au sein d’Honoris United Universities ?

Honoris United Universities est le premier réseau panafricain d’enseignement supérieur privé. Pour la première fois, des institutions d’Afrique du Nord (Maroc et Tunisie) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe
s’unissent avec pour mission commune de préparer une nouvelle génération de leaders et de professionnels capables de transformer le continent. J’accompagne nos institutions sur des volets stratégiques comme leur positionnement, l’approche « student-centric », le développement international, l’innovation… Je contribue également à les fédérer autour de valeurs communes et d’échanges permanents de best practices.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

La diversité et le renouvellement. Je travaille avec plusieurs équipes d’un bout à l’autre du continent africain ainsi qu’avec nos partenaires en Europe et aux Etats-Unis. La richesse de ces échanges permet de créer un modèle unique de développement de nos institutions. L’intelligence collaborative, l’agilité culturelle et un état d’esprit mobile sont les valeurs qui nous fédèrent. Je considère que ce sont des soft skills indispensables pour travailler efficacement au 21ème siècle et qui sont également constitutives de ce que je suis.

Après l’Europe, l’Asie et l’Amérique Latine et du Nord, vous travaillez en Afrique. Comment s’adapter à de nouvelles cultures ?

Je me considère comme une « global nomade ». Je suis curieuse de tout et passionnée, j’aime aller vers les autres, découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux pays. Cela permet de se remettre en cause, de rester humble et d’ouvrir d’infinies possibilités. Le continent africain est d’une incroyable richesse, contribuer à un projet éducatif panafricain qui puisse avoir un impact sur nos communautés est une motivation quotidienne. Ce perpétuel mouvement est mon moteur.

Maman de deux filles, comment réussissez vous à gérer votre carrière et vie de famille ?

J’aimerai dire à toutes les jeunes femmes qu’avoir des enfants et travailler n’est jamais un obstacle. J’ai eu ma première fille, Réna, (elle a 27 ans aujourd’hui), très jeune. J’ai fait mes études et débuté ma vie professionnelle avec elle à mes côtés. Quelle extraordinaire ressource et énergie cela procure ! On vit sans doute plus intensément et le rapport au temps est différent. Cela m’a appris à aller à l’essentiel, m’organiser et décider vite. Ce qui est précieux lorsqu’on gère des projets complexes. Le « multi-tasking » est inhérent à mon mode de fonctionnement ainsi que la capacité à gérer en parallèle du court terme et du long terme.

Quels sont vos projets ?

Je m’apprête à accueillir 54 entrepreneures venant de tous les pays du continent africain dans le cadre du WIA Entrepreneurship Programme 54 – Boot Camp 2018 (25 et 26 septembre). Un événement qui intervient en amont du sommet annuel de Women In Africa Initiative organisé au campus de l’EMSI à Marrakech (institution membre du réseau Honoris). C’est un projet qui me tient à cœur. Je suis convaincue que l’entreprenariat et le leadership féminins sont l’une des clés de la transformation économique et sociale de notre contient. Le mentorat et les rôles models sont nécessaires pour donner l’exemple et accompagner nos jeunes. Je souhaiterais que chacune de nos étudiantes se dise « si elle l’a fait, je peux le faire aussi », et qu’elle soit accompagnée par une marraine. D’un point de vue personnel, découvrir encore un nouveau pays avec ma famille.

Quelle est votre philosophie de vie ?
La vie est belle. Chaque jour compte. Ne jamais lâcher.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui lisent votre interview ?
Faire ce qu’on aime avec exigence. Lorsqu’on est en affinité avec ce que l’on est et ce qu’on aime, on s’épanouit. Be the best of whatever you are ! 

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