Iman Oubou

Fondatrice de Swaay (www.swaay.com), Miss New York US 2015 et Ambassadrice Visage du Maroc 2018

“Dans un premier temps, j’ai décidé de participer aux concours de beauté parce que je voulais me mettre au défi de faire quelque chose en dehors de ma zone de confort.”


Quelles sont vos origines ? Où vivez vous ?

Je suis originaire de la ville d’Agadir, j’y ai vécu mon enfance et une partie de mon adolescence. A l’âge de 15 ans, mes parents ont décidé de déménager au Colorado, ils y ont vu, à l’époque, une opportunité pour nous offrir un cadre de vie idoine pour notre développement intellectuel et personnel.
Aujourd’hui, je vis à New York City, j’y ai été élue Miss New York, puis lancé mon podcast qui s’est avéré un succès et finalement, j’ai lancé ma propre marque média SWAAY.

Quels souvenirs gardez vous de votre enfance au Maroc ?

Des souvenirs au Maroc, j’en ai tellement, ils sont principalement liés à ma famille bien évidemment. J’ai grandi dans une famille avec beaucoup de valeurs d’amour, de partage et de soutien. J’ai été entouré de mes cousins avec qui j’ai des relations très étroites. Enfant, je peux l’avouer, j’ai eu ce qu’on peut qualifier, d’une belle vie. Je me souviens encore de toutes ces plages qu’on sillonnait avec mes amis et ma famille, des colonies de vacances avec mes frères et mes cousins pendant les vacances d’été et surtout, de mon école, la mission française qui offrait un système éducatif dont je peux aujourd’hui vanter les mérites tellement cela a eu un impact positif sur mon cursus scolaire et universitaire aux Etats-Unis. A l’époque, je souffrais des devoirs à faire à la maison, c’était dur et prenant, mais après coup, cela m’a bien préparé à affronter la rigueur de l’université américaine.
D’autres souvenirs me viennent à l’esprit, ceux de nos escapades chez la famille à Marrakech, Agadir et Casablanca. J’y retrouvais une belle ambiance familiale et chaleureuse, principalement pendant le mois sacré du Ramadan, un sentiment qui certes me manque aujourd’hui.

Comment vous vous êtes intéressée à la Biochimie ?

J’ai toujours voulu suivre une carrière en tant que médecin. Je me suis dirigé donc naturellement vers un cursus qui me permette d’atteindre cet objectif. Au lycée, j’ai été épaulée par mon conseiller d’orientation qui, en scrutant mes évaluations et mes notes, m’a tout simplement dirigé vers mes deux sujets favoris : la biologie et la chimie. La décision n’a pas été difficile à prendre quand on m’a proposé un majeur en Biochimie pour mes études universitaires. J’ai tout de suite accepté le deal.
Aujourd’hui, il est vrai que je navigue sur d’autres eaux, il reste que je ne regrette à aucun moment ma décision et j’ai vécu pleinement chaque instant de ma formation.

Racontez-nous comment vous êtes devenue Miss New York 2015 et ce que vous avez tiré de cette expérience ?

Dans un premier temps, j’ai décidé de participer aux concours de beauté parce que je voulais me mettre au défi de faire quelque chose en dehors de ma zone de confort. Mais je me suis vite aperçu que la concurrence dans ces concours a apporté le meilleur en moi et m’a rendu plus forte, plus indépendante, et plus confiante en moi-même. Les concours de beauté sont devenus une grande opportunité pour moi de partager mon message sur la philanthropie et le féminisme et m’ont permis de devenir une voix respectée et un bon exemple pour les jeunes femmes qui ont le courage de se tenir hors de la norme.


Comment vous est venu d’idée de créer Swaay et pourquoi ce revirement de carrière ? 

Mon élection en tant que Miss New York m’a permis de réaliser que j’avais une belle opportunité pour inspirer les femmes et accroître leurs capacités et surtout leurs envies de donner le meilleure d’elles mêmes à travers entre autre, l’entreprenariat. J’ai donc souhaité créer une communauté autour de l’idée de femmes qui partagent l’envie de développer, de partager et d’encourager les autres femmes, à travers le storytelling, des histoires de femmes qui se démarquent, qui affirment leur présence et qui proposent de bousculer les codes culturels et sociaux. J’ai donc lancé mon podcast “Entrepreneurs en vogue” juste après mon élection en tant que Miss NYC, j’ai ainsi interviewé des femmes, précurseurs, des pionnières, celles ayant un réel impact dans ce domaine. A ma surprise, le podcast a vite été classé deuxième sur itunes et a figuré dans le top 5 des podcasts des femmes entrepreneurs par Inc. Magazine.

Une réelle aubaine pour développer une plateforme média plus performante qui crée un lien entre les opportunités business et le mode de vie et qui permet de valoriser la femme sous un autre angle, celui de montrer ces femmes à l’origine de mouvements politiques et culturels à grands échos, de business innovants et d’industries disruptives. Vous savez, les femmes, beaucoup plus qu’avant, développent de plus en plus de business, mais cela n’est pas forcément relayé par les média, c’est là que l’idée de SWAAY est né, avec un objectif clair, celui de développer la représentation des femmes leaders dans le business, la technologie, le sport, la politique et tout type d’engagement…

Quelle est votre manière d’entreprendre ? Quelles sont les femmes qui ont été des modèles pour vous ?

 A travers mes podcasts et l’expérience SWAAY, j’ai eu l’opportunité et surtout la chance de côtoyer des femmes qui sont devenues des modèles d’inspiration pour moi. Ces femmes sont issues d’horizons, de vies et de parcours différents A travers nos échanges, elles m’ont appris, chacune, un aspect particulier du modèle d’entrepreneur au féminin. Elles sont riches de leurs histoires personnelles, elles ont fait face à des difficultés et ont réussi à relever des challenges que je continue à affronter moi-même aujourd’hui. Autant vous dire que cela a été un réel privilège de bénéficier de leur retour d’expérience et de leurs conseils précieux. Beaucoup d’entres-elles continuent à m’apporter un soutien précieux pour développer SWAAY. Je cite à titre d’exemple Fran Hauser (President of Time Inc.), Gretchen Carlson (Media personality and women’s activist) et Rhonda Vetere (CTO of Estee Lauder).
Mon modèle féminin par excellence a été ma mère. Avec son caractère bien trempé, elle m’a appris à être indépendante, à être responsable, à respecter mes engagements et ce, quelques soient les circonstances.

Adolescente pensiez vous incarner un jour le rêve américain ? 

Le concept du rêve américain m’a totalement été étranger, avant de déménager aux Etats-Unis. Je ne savais pas ce que cela voulait dire… je n’avais d’ailleurs jamais imaginé quitter mon pays pour venir vivre aux US. J’en ai d’ailleurs souffert les deux premières années de notre installation au Colorado. J’avais quitté une grande partie de ma famille et j’avais du mal à m’acclimater et puis, j’ai compris que mes parents aussi ont fait, eux aussi un plus grand sacrifie, pour nous, leurs enfants… pour qu’on puisse un jour réaliser des rêves que peut être on n’avait pas encore en tête, devenir des acteurs de la vie, des patrons, des “fauteurs de troubles”… des entrepreneurs et des leaders. Comme j’aime bien le dire, toutes les choses ont une raison, et la mienne avait été que j’ai eu, grâce à ce déménagement, une opportunité que beaucoup aimerait avoir et que je devrais en conséquent, aller de l’avant… Chose due, chose faite, j’ai adopté les “préceptes” du rêve américain, j’ai vu grand, très grand, avec en vue, une promesse, celle d’atteindre la perfection et la grandeur (sans la folie), et de rendre hommage à ma communauté, aussi bien aux US qu’au Maroc, pour qui j’ai gardé une grande place dans mon coeur et où je compte m’investir très prochainement.

Que représente pour vous le fait d’être l’ambassadrice de Visage du Maroc pour 2018 ?

C’est un grand honneur que d’être nommé première Ambassadrice pour Visage du Maroc. Je suis particulièrement touchée par l’opportunité de représenter ce qu’incarne la femme marocaine. Ce titre représente une nouvelle occasion pour toucher des femmes marocaines avec mon message et ma vision, et les aider à comprendre qu’elles peuvent tout faire d’elles-mêmes, absolument tout, si, et seulement si, elles le décident. Je voudrais que le combat des femmes marocaines et partout dans le monde, soit celui de s’opposer aux stéréotypes et de rompre définitivement avec les chaines qui les lient dans certaines cultures depuis des siècles. Ce titre m’aidera à montrer aux femmes du Maroc qu’une petite fille qui vient d’une petite ville, qui n’avait pas spécialement de rêves ni de confiance en elle, est aujourd’hui, devant elles, en femme forte, sûre d’elle, à la tête d’un business et qui n’a pas peur de dire que le cours des choses change, quand elles réalisent, qu’elles en vaillent la peine.

 

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